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La Ferme de Lait-quateur
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En ces vacances de Pâques, Jeanine avait envie de découverte, de naturel, de...de vaches quoi! Plus sérieusement, notre détective locale avait envie de savoir ce qui se cachait derrière la marque "La ferme de Lait-Quateur", qui orne certains de nos yaourts, et elle n'était pas la seule! Après avoir découvert que l'usine locale de production de yaourts, la SOLAM, utilisait, par dérogation pour la Guyane, du lait en poudre et des fruits d'origine métropolitaine pour faire ses produits, j'étais curieuse de savoir ce qu'il en était...
Voici donc un duo féminin sur la route de Cayenne, à traquer le poteaux indiquant la route qui mène à la ferme. Les yeux de Cyprien nous ont permis de ne pas louper le petit sentier qui permet de parcourir les dernières centaines de mètres, et nous arrivons devant un hangar qui ne paye pas de mine, et qui semble désert...Mais une odeur ne trompe pas: ce sont bien des veaux qui sont à l'intérieur du hangar, âgés de deux semaines à six mois! Je me précipite vers ces petites bouilles qui me rappellent des souvenirs bretons, quand apparaît soudain un joli minois: la propriétaire de l'exploitation est là pour nous recevoir et répondre à nos questions...




En fait, cette fille d'un éleveur local tient l'exploitation depuis dix ans. Elle l'a longtemps gérée seule, et utilise la méthode du ranching: les veaux ne sont pas nourris au biberon comme dans les exploitations traditionnelles françaises, mais élevé au pis de la mère. La production de lait est donc partagée entre les veaux et les hommes: là où les laitières françaises sont traites deux fois par jour, produisant jusqu'à quarante litres de lait par journée, les vaches de cette ferme ne produisent que cinq litres par jour en moyenne, en une seule traite. Le reste du temps, elles se nourrissent dans les pâturages.

Pour la traite, la propriétaire a investi dans ces camions spéciaux qui suivent les vaches dans les pâturages, car une véritable installation, fixe, coûte très cher. Il a donc suffit de sortir le système du camion et de le fixer pour obtenir une machine capable de traire six bêtes à la fois. Selon la période, quinze à vingt-cinq vaches sont traites par jour. Le caractère modeste de cette exploitation, la seule en Guyane, impose d'avoir recours au lait en poudre métropolitain...

L'après-midi est consacré à la transformation du lait, et à l'emballage. Dans une première salle, le lait est conservé, et en partie pasteurisé (du lait cru est aussi vendu). Dans une seconde salle, le lait devient yaourt ou dessert au chocolat. Cette tâche, que l'exploitante a longtemps assumée seule, est désormais assurée par une employée, à mi-temps.

Ensuite? Ensuite, il faut livrer les produits, à Kourou notamment (chez Utile...) ou les vendre sur les marchés, notamment le jeudi soir, à Macouria.
Bref, du travail à plein temps, tous les jours de l'année...Cette ferme reçoit, en plus, les scolaires, pour leur faire découvrir ce petit univers...

Sur le retour, nous flânons. Nous admirons notamment ce panneau que vous ne trouverez sans doute nulle part ailleurs qu'en Guyane: quand les consommateurs sont invités à payer les poteaux qui les relient au réseau téléphonique, privatisation oblige, ils les aiment, et le montrent! "Je t'aime, mon poteau": un peu d'amour dans un monde de brutes...


Mensomadaire
2010
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La minute culturelle signée Georges: