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Kourou

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La Grande Parade du Littoral 2010, cf carnaval.![]()
Kourou, il est vrai, n’a pas bonne réputation en Guyane…
Que lui reproche t’on ?
Tout d’abord, de ne vivre qu’au rythme des fusées, lancées depuis le Centre Spatial Guyanais (CSG). Il est vrai qu’à la veille de chaque lancement, une effervescence, une tension inhabituelle dans cette ville dortoir se fait sentir. Le vrombissement des hélicoptères nous domine, et le temps semble suspendu. Décollera, décollera pas?
Mais Kourou n’est pas que cela, loin de là…

C’est une ville blanche, nous dit on. Certes, ce petit village n’a connu une forte expansion qu’avec l’arrivée du CSG et ses ingénieurs, blancs pour la plupart. Mais dans les années 1965-1970, il a bien fallu faire venir de la main d’œuvre locale pour bâtir, construire, développer. Et cette main d’œuvre est restée. Résultat : mes classes sont colorées et vivantes, et seuls 18% des élèves du collège sont nés en métropole…Belle performance pour le collège « le plus blancs de Guyane » selon certains ! Et l’un des lieux les plus vivants de Kourou était bien le Village Saramaka, dont les baraquements signaient la présence ancienne de logements pour les ouvriers… Toutefois, on reprochait à la ville de faire décoller ce bijou de technologie qu' est la fusée sur fond de bidonvilles; petit à petit, ceux ci disparaissent, laissant place à des maisons confortables...et toutes semblables, ou presque.

C’est une ville morte…Certes, Kourou est une ville dortoir, et les soirées y sont très calmes. On s’invite donc entre voisins, et on profite des soirées qui s’étirent langoureusement…Mais Kourou est aussi une ville dynamique sur le plan associatif, et elle sait organiser quelques événements marquants…La Grande Parade du littoral lors du carnaval, est devenue de loin la plus belle parade du Carnaval. Les Maîtres de la Pagaie, une course, ressuscite une tradition ancienne : il faut parcourir une distance importante en pagaie, assez rapidement pour que les cendres mises dans la pirogue ne s’éteignent pas…
Et puis voyons le bon côté des choses : du fait de son calme, l’activité la plus pratiquée lorsque le soir tombe est…le footing. Ses trois lacs sont encerclés par les coureurs, encouragés par les moustiques qui ne manquent pas de rôder dans le coin à la saison des pluies…Pas de risque d’infarctus, ici, en bref…
C’est une ville nouvelle, sans âme…C’est vrai. Mais c’est aussi une ville verte, où la végétation fleurit entre chaque maison, où les couleurs éclatent au coin d’une rue. Et l’on peut profiter de la beauté de ses plages, à défaut de mer turquoise…
[mise à jour: juillet 2010) Espérons seulement que la croissance démographique exponentielle n'amène pas à faire disparaître tous ces petits coins de verdure. Afin de loger les habitants, la mairie en effet ne cesse de raser les baraquements pour les remplacer par des bâtiments modernes, mais par la même occasion, les terrains vides sont eux aussi investis...Adieu arbres et plantes des terrains vagues! Adieu petites maisons anciennes brinquebalantes du Vieux bourg, et le long cordon de chaussée qui menait jusqu'à l'embarcadère des îles du Salut, aux maisons sagement rangées de chaque côté, cerné par le canal et les zones de marais, se retrouve brusquement au milieu de tout une résidence...Les routes arrivent, les centres commerciaux aussi. Kourou gardera-t-elle son côté agréable tout de même?











Mais, malgré tous ses défauts, nous trouvons à Kourou une véritable douceur de vivre. Ville sans feu et sans circulation, nous nous mettons à râler contre les embouteillages si par malheur huit voitures nous précèdent au STOP. Nous allons travailler à pied, et régulièrement, nous sommes salués dans la rue par des inconnus. Certes, c’est un petit village. Tout se sait, tout se dit. Mais cachés dans notre maison, nous profitons juste des heures qui s’écoulent…
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